Avec Jean Collins OYONO ENGUELE

Dans la soirée du 7 Février 2018 , en franchissant le pas de la porte de ma salle de séjour , je fus abasourdi de voir , à travers l’écran de télévision , Clément Atangana , tout joyeux , en train d’esquisser des pas de danse ! Je découvrirai , quelques minutes plus tard , que sa vie , après quatre années de traversée du désert , à la retraite , venait de basculer au pays des merveilles : grâce à un coup de la baguette magique du Président Paul Biya , Clément Atangana était dorénavant Président du Conseil Constitutionnel chargé , entre autres , de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle ! Il va sans dire que le Président Paul Biya , à travers ce décret , qui avait ressuscité Clément Atangana , envoyait ce message suffisamment clair à l’opposition camerounaise : “Qui que vous soyez et quoique vous fassiez , je serai mon propre successeur au sortir de la prochaine élection présidentielle”.

LE PRÉSIDENT PAUL BIYA SERA-T-IL CANDIDAT EN 2025 ?

C’est , à mon sens , l’épineuse question à laquelle chaque leader de Parti politique devrait trouver la réponse la plus appropriée , car , si , de l’avis de Thomas Adams , ” la philosophie donne des réponses incompréhensibles à des questions insolubles”, du point de vue de Karl Jaspers , ” les questions sont plus importantes que les réponses”. 

Un jour , Albert Einstein avait dit : ‘ Politics is more difficult than physics ‘, avant de faire cette mise en garde : ” La folie , c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un  résultat différent “. La démarche du MRC ne corrobore – t – elle pas cette assertion de l’homme qui , par la puissance de sa pensée , domina le 20e siècle ? À quoi sert-il à un leader politique de faire inscrire toutes les populations du Cameroun et même de toute l’Afrique Centrale sur les listes électorales , pour le compte d’une élection présidentielle à laquelle il est , d’ores et déjà , sûr de ne pas participer ? Une pareille attitude ne frise – t-elle pas  l’irresponsable et l’irrationnel ? À quoi sert-il à un fils de braconnier de passer des nuits blanches à préparer le concours de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature , sachant bien que son nom ne figurera jamais sur la liste d’attente ? Quoi qu’il en soit , les bonnes questions débouchent inévitablement sur des bonnes réponses . 

Dans la soirée du 7 Février 2018 , en franchissant le pas de la porte de ma salle de séjour , je fus abasourdi de voir , à travers l’écran de télévision , Clément Atangana , tout joyeux , en train d’esquisser des pas de danse ! Je découvrirai , quelques minutes plus tard , que sa vie , après quatre années de traversée du désert , à la retraite , venait de basculer au pays des merveilles : grâce à un coup de la baguette magique du Président Paul Biya , Clément Atangana était dorénavant Président du Conseil Constitutionnel chargé , entre autres , de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle ! Il va sans dire que le Président Paul Biya , à travers ce décret , qui avait ressuscité Clément Atangana , envoyait ce message suffisamment clair à l’opposition camerounaise : “Qui que vous soyez et quoique vous fassiez , je serai mon propre successeur au sortir de la prochaine élection présidentielle”.

Ce soir-là , bien que ce fut particulièrement difficile de me remettre de cette onde de choc , je réussis quand même à passer un coup de fil , afin de persuader l’un des leaders de l’opposition de la nécessité absolue , pour l’opposition tout entière , de déclarer forfait à l’élection présidentielle qui se profilait à l’horizon , étant donné que Clément Atangana , à lui seul , constituait une forteresse fermée , barricadée et infranchissable . Les leaders politiques de l’opposition , plongés dans les eaux glacées du calcul égoïste et têtus comme des bourriques , ayant refusé de prêter une oreille attentive à mon sage conseil , ont persisté et participé à l’inutile et futile élection présidentielle du 7 Octobre 2018 , engendrant les conséquences dévastatrices qui ont fait trembler les fondements de notre pays . 

Trois des figures emblématiques de cette mémorable élection  , en  l’occurrence , les regrettés Christian Penda Ekoka , Paul Éric Kingué , Maître Sylvain Sop , tels des agneaux sacrificiels , 

après mille et une querelles intestines , ont connu des destinées pathétiques , sans oublier Célestin Djamen , Maître Michèle Ndoki et Sosthène Médard Lipot qui ont été brutalement écartés , sans autre forme de procédure , à la suite de la terrible nuit des longs couteaux au sein du MRC . Aussi paradoxal que cela puisse paraître , Maurice Kamto , après avoir procédé au débauchage systématique de tous ceux-là même qui lui ont voué un indéfectible attachement , pendant les moments les plus pénibles et douloureux de sa vie ,  prêche l’évangile de la coalition de toutes les forces de l’opposition ! 

N’est-ce pas surréaliste que Maurice Kamto se soit débarrassé , sans le moindre remords , de la percutante Michèle Ndoki qui , à ses risques et périls , a croisé le fer avec les membres du Conseil Constitutionnel , afin de rendre justice au MRC , et veuille , aujourd’hui, nous démontrer que l’union de l’opposition garantit l’alternance au Cameroun ? Comment est-ce possible que le malheur de Michèle Ndoki fasse le bonheur de Maurice Kamto ? 

 Pour peu qu’il soit honnête , Maurice Kamto devrait se demander si cet acharnement karmique , qu’il subit , n’est pas la rançon logique à payer , pour expier cette haute trahison dont il s’est rendu coupable vis-à-vis de ses plus fidèles compagnons de combat ! Toujours est-il que tout se paie ici-bas . 

Si , d’une part , le Ministre de l’Administration Territoriale a signé une décision portant interdiction des alliances ou des coalitions entre les formations politiques de l’opposition et , d’autre part , Jean Nkuete a annoncé la tenue de l’élection présidentielle avant les élections législatives et municipales , il ne fait l’ombre d’aucun doute que ces deux commis de l’État ont déjà reçu des instructions de leur chef , afin de mettre hors d’état de nuire certains leaders politiques jugés encombrants et récalcitrants notamment Maurice Kamto . Dès lors , toute cette cacophonie , orchestrée par les militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun , en s’inscrivant massivement sur les listes électorales , est sans objet .

Si l’on pose , par hypothèse que le Président Paul Biya , ne sera pas candidat , en 2025 , quel intérêt a-t-il à verrouiller la voie d’accès à l’élection présidentielle ? Quoi qu’il en soit , le Président Paul Biya ne fait rien pour rien : il nous a déjà suffisamment donné des indicateurs annonciateurs de sa candidature . N’en déplaise à tous ceux qui refusent de regarder la vérité en face , il ne  sert à rien de courir dans un sac fermé ! Qu’on se comprenne bien : l’agitation et la gesticulation du MRC ne sont pas une preuve de clairvoyance ou d’intelligence . Cette opération d’inscription sur les listes électorales n’est rien moins qu’une tempête dans un verre d’eau , car , le Président Paul Biya gagne toujours l’élection présidentielle , longtemps avant de déclarer sa candidature …

En ce qui me concerne , j’accepte la défaite , mais , ce n’est pas la fin du monde .

Jean Collins OYONO ENGUELE

Chef de Parti politique

Président de la Renaissance Pour le Développement du Cameroun

Tél : 6 51 97 30 05 / 6 56 64 65 32

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