Avec Gaëlle MOUDIO NDEDI

Comme c’est beau de le voir sourire sur un autre banc africain… Le belge de 63 ans à l’époque était arrivé au Cameroun quelques 10 mois avant la CAN 2017 au Gabon avec son ami et adjoint et préparateur physique Sven Vandenbroeck.

Conspuer à mourir, il était allé au Gabon avec ce que presque tous les camerounais s’accordaient à qualifier d’équipe de bras cassés. Une des rares voix à dire sur les plateaux de radio et de Tv qu’il fallait le laisser travailler, qu’il avait sa chance, j’eus alors l’inattendue opportunité de couvrir la première sortie des lions indomptables champions d’Afrique 2017 pour le compte de Crtv au sortir du sacre.

Une double confrontation avec les Aigles de Carthage à Monastir en Tunisie et le Sily National à Molenbeek dans la banlieue de Bruxelles. Un voyage compliqué. Bruxelles la contrée d’origine des 2 hommes. La première partie à Monastir se passe sans trop d’encombres. Mais à Bruxelles c’est le capharnaüm. Et au milieu des atermoiements de la sélection, au détour d’une séance d’entraînement étrange, celui qui ne parle pas aux journalistes camerounais accepte une petite discussion à bâtons rompus. Entre autres choses, le sélectionneur belge va me révéler l’effet qu’ont eu sur lui les quolibets, les critiques, les doutes, et surtout les insultes personnelles à son endroit. Il était blessé.

Profondément. Effrayé même, par cette déferlante puante. Il confie alors qu’aux bout de quelques jours, il a dit son compagnon d’infortune Sven de ne surtout pas défaire ses valises parce qu’il semble bien qu’ils ne resteront pas plus de quelques semaines. Ils seraient restés plus de 6 mois les valises toujours prêtes pour retourner chez eux à tout moment. Et jusqu’au bout ce sentiment ne l’a jamais quitté. Et une fois le succès acquis de haute lutte à Libreville, le technicien révèle que les journalistes camerounais sont venus le voir nombreux, emmené un des présidents de l’association de l’époque. Heureux comme des gamins et pas penauds pour un sou, dans l’intention de retirer toutes les horreurs qu’ils avaient proférées à son sujet. Il a platement refusé leurs excuses, declare-t-il simplement. C’était un homme blessé. Profondément blessé. Étonnant pour un technicien qui venait de remporter son plus brillant succès.

Pris dans nos camerouniaiseries, il ne comprenait pas. D’ailleurs on se trouvait au pied levé dans un complexe sportif négocié par le mère du préparateur physique auprès d’un ami d’enfance. Le stade annoncé pour l’entraînement des champions n’était pas accessible, pour des raisons non divulguées. C’était la veille du match contre le Sily National. Un match remporté par les guinéens 2-1. A l’avant-match Hugo Broos est salué par tout le public venu nombreux au Stadz Edmond Machtens de Molenbeek pour acclamer le fils du pays auréolé de son trophée de champion d’Afrique. Et le Bourgmestre, le maire de Molenbeek va le faire citoyen d’honneur et lui offrir les clés de la ville.

Ce qui ne dissipe pas la frustration du technicien. Au cours de la conférence de presse d’après match Hugo Bross va faire des déclarations fracassantes devant la presse mondiale. Pauvre camerounais, on ne sait plus où se mettre. S’il ne dit pas qu’il démissionne, il vient de mettre un coup de marteau. Et on le sait, entre lui et le Cameroun c’est fini. Le ressort est cassé. Ceci sera officialisé quelques temps après cette expédition gênante… sans que jamais personne ne reconnaisse officiellement que ce coach a quelque chose. Il refuse obstinément de renouveler son contrat qui prend fin en février 2018. D’ailleurs il continue de se dire de ci de là, que c’est par chance qu’il a gagné ce trophée avec lions indomptables du Cameroun. Son parcours avec les Bafana Bafana d’Afrique du Sud suggère pourtant autre chose.

S’offrir le scalp de la meilleure équipe d’Afrique du moment au classement mondial, récente demi-finaliste de la coupe du monde 2022 au Qatar, le Maroc, il faut le faire… et toujours avec l’air de ne pas y toucher. Ne lui parler surtout pas de revenge, il vous dira qu’il ne sait pas de quoi vous parler… un boss cet Hugo Broos. En tout cas son équipe des Bafana Bafana a fière allure… bon vent Boss!

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