Par Agnès NDEDI PENDA et RFI

Lancée en 2018, la sonde Parker s’approche chaque année un peu plus près du soleil. Fin 2024, elle devrait battre son propre record en “frôlant” notre étoile à une distance de seulement 6,1 millions de kilomètres. Objectif : en apprendre toujours plus sur la couronne et le vent solaire, ce flux de particules énergétiques qui baignent l’ensemble du système solaire.

Il s’agit de l’une des missions les plus fascinantes de l’histoire de l’exploration spatiale : Parker Solar probe, la première mission à pénétrer dans l’atmosphère solaire, devrait connaître son apogée dans un an, fin décembre 2024, en s’approchant au plus près du Soleil, à seulement 6,1 millions de kilomètres de l’astre.

Autre prouesse : Parker voyagera à la vitesse inouïe de 700 000 km/h, soit l’équivalent d’un trajet New York-Tokyo en une minute, ce qui en fera l’objet le plus rapide de l’histoire.

“Il s’agit d’une réalisation monumentale pour l’humanité tout entière. C’est l’équivalent de l’alunissage de 1969”, assure auprès de la BBC le scientifique Nour Raouafi, du laboratoire de physique appliquée de l’université Johns Hopkins de Baltimore, aux États-Unis.

La sonde de la Nasa battra ainsi son propre record, établi cette année avec un passage à 7,26 millions de kilomètres du soleil à une vitesse de 635 000 km/h. Pour atteindre une telle vélocité, Parker se sert de l’assistance gravitationnelle de Vénus, une technique qui utilise l’attraction d’une planète pour offrir un supplément de vitesse à un engin spatial.

Des températures avoisinant les 1 400°C

Lancée en 2018, Parker Solar Probe a pour objectif d’effectuer 24 voyages à travers la partie de l’atmosphère du Soleil que les scientifiques appellent “la couronne” qui, paradoxalement, est 300 fois plus chaude que la surface de l’astre.

Pour se retrouver aux premières loges du spectacle solaire, l’engin affronte des conditions inimaginables : des températures approchant les 1 400°C et des vents solaires chargés de particules de haute énergie.

Pour échapper à cet enfer, Parker mise sur sa vitesse ainsi que sur un bouclier thermique en carbone composite d’une douzaine de centimètres d’épaisseur qui protège les instruments scientifiques. Un bouclier dont la construction n’a été rendu possible que récemment grâce aux progrès de la technologie. 

À chaque passage, les outils embarqués mesurent les particules à haute énergie, les fluctuations magnétiques, prennent des images mais aussi du son. En 2020, des enregistrements réalisés à proximité du soleil ont offert pour la première une représentation sonore des vents solaires.

Les mystères de la couronne solaire

Pour les scientifiques, l’objectif est de mieux comprendre le fonctionnement de l’activité solaire, et en particulier les mystères qui entourent la couronne, dont la température peut atteindre un million de degrés celsius, contre seulement 6 000°C à la surface du soleil. Comment expliquer que la chaleur augmente loin du noyau de l’astre ?

C’est également cette région de l’atmosphère solaire qui est à l’origine du vent solaire, ce flux de particules énergétiques chargées d’ions et électrons qui s’échappent en permanence du soleil et baignent l’ensemble du système solaire.

L’espoir des scientifiques est de parvenir à comprendre la formation du phénomène et prédire les éruptions solaires, ces spasmes qui peuvent perturber le champ magnétique terrestre, les communications radio et les satellites, voire nuire à la santé des astronautes. À terme, l’objectif serait de mettre en place une météo solaire pour anticiper l’arrivée de ces flots de particules.

Le vol de décembre 2024 représentera l’ultime chance pour les scientifiques de s’approcher au plus près des mystères de l’astre solaire. Après cela, la sonde Parker ne sera plus en mesure de réitérer l’exploit car son orbite ne lui permettra plus d’utiliser Vénus pour rectifier sa trajectoire.

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