Avec Arlette MINSILI et AFP

Le président français et sa femme sont arrivés, mardi soir à Washington, pour une visite d’État de trois jours visant à sceller la réconciliation franco-américaine. Le point d’orgue sera une réception organisée jeudi à la Maison Blanche.

Emmanuel Macron et Brigitte Macron ont débarqué à Washington, mardi 29 novembre au soir (à 1 h 40 mercredi à Paris). Le président français débute une visite d’État de trois jours, sa deuxième aux États-Unis, qui mêlera les fastes de la Maison Blanche aux discussions stratégiques avec Joe Biden.

« USA ! Un moment pour célébrer l’amitié entre nos deux pays. Un moment pour progresser ensemble dans une période de grands défis », a tweeté en anglais Emmanuel Macron peu après son arrivée.

Le président français entend évoquer avec son homologue américain le plan massif de soutien à la transition énergétique, ou Inflation Reduction Act (IRA), qui accorde de généreuses subventions aux véhicules électriques, batteries ou énergies renouvelables à condition qu’ils soient « made in America ».

Devant des grands patrons des deux pays reçus à déjeuner à l’Élysée juste avant de partir, Emmanuel Macron a estimé, selon la présidence, que cette loi comportait « des mesures protectionnistes qui posent de forts enjeux aux industriels européens ».

« Pour y faire face, il a insisté sur l’importance d’une réponse européenne concertée et l’adoption d’un ‘Buy European Act' », qui donnerait, aussi, la priorité aux produits fabriqués sur le Vieux Continent, ont rapporté ses services.

Sur ce sujet, la Maison Blanche est « dans une phase d’écoute », a dit à des journalistes français le porte-parole, John Kirby. Il a laissé entendre qu’il ne fallait pas s’attendre à des décisions concrètes durant cette visite, tout en assurant que ce plan était aussi favorable pour l’économie européenne que pour l’économie américaine.

Joe Biden, lui-même, ne semble pas d’humeur à s’excuser pour ses mesures en faveur de l’industrie américaine qui doivent permettre de « ne plus être pris en otages » par d’autres pays, a-t-il prévenu mardi en visitant une usine de puces électroniques dans l’État du Michigan.

Francophonie et rencontres officielles

Ces frictions ne devraient en tout cas pas gâcher la fête. Mercredi, après avoir parlé de coopération spatiale avec la vice-présidente Kamala Harris en présence des astronautes français Thomas Pesquet et Sophie Adenot, d’environnement avec des parlementaires américains et de nucléaire civil avec des acteurs de la filière, le chef de l’État s’adressera à la communauté française puis retrouvera, en compagnie de son épouse Brigitte Macron, Joe et Jill Biden pour un « dîner privé ».

Jeudi, c’est dans un cadre beaucoup plus solennel, bien que festif, qu’Emmanuel Macron sera reçu à la Maison Blanche, fraîchement parée des décorations et illuminations mises en place pour les fêtes de fin d’année. Il sera accueilli par le président américain lors d’une cérémonie scandée par vingt-et-un coups de canon et les hymnes.

Après un entretien dans le huis clos du Bureau ovale, une conférence de presse conjointe et une réunion avec les dirigeants du Congrès américain, place au moment fastueux du dîner d’État. Sous une tente dressée dans les jardins de la Maison Blanche, il sera animé par Jon Batiste, un chanteur engagé dans la défense des droits des Afro-Américains.

Ce jazzman est un pilier de la scène musicale de la Nouvelle-Orléans, la ville de Louisiane jadis française où Emmanuel Macron se rendra vendredi pour une visite dédiée à la francophonie, en présence du cinéaste Claude Lelouch et du danseur et chorégraphe Benjamin Millepied.

Avec AFP

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